ETIKA

RWANDA - BURUNDI
HUTU - TUTSI

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5.11.2002

5RWA0

CHRONIQUE - CHRONICLE - CHRONIK

Français, english, deutsch

Congo chronique

Ermordung dreier Bischöfe am 5. Juni 1994 (Abbé Venuste LINGUYENEZA. Bericht eines Zeugen)

FOR TRANSLATION TRY ALTA-VISTA HOMEPAGE (babelfish)

Au Burundi:
Les chefs féodaux Tutsi exterminent méthodiquement l'élite de la race Hutu
(D'un correspondant)

Le Courrier d'Afrique, mercredi 12 janvier 1966


Le Burundi est un petit royaume d'une superficie d'environ 30.000 km2 et comptant une population d'environ 3 millions habitants. Cette population est composée essentiellement de deux ethnies : l'une, les Tutsi, représentant approximativement 15 % de la population totale, et l'autre, les Hutus, représentant 85 % de la population. Depuis quelques centaines d'années, le pouvoir a été exercé par les Tutsi (le Roi appelé Mwami, les Princes et autres seigneurs ou sujets Tutsi) et toutes les fonctions de direction dam l'administration, dans la magistrature, l'enseignement, l'armée, etc... ont été réservés, jusqu'à un passé très récent, exclusivement aux Tutsi. (1)

Dans ce régime strictement féodal, les Hutu étaient considérés et traités exactement comme l'étaient les serfs au Moyen-age, c'est-à-dire taillables et corvéables à merci. L'administration coloniale allemande, jusqu'en 1919, l'administration de tutelle belge a partir de cette date jusqu'en 1962, ont toujours respecté les structures existantes qui leur permettaient une administration indirecte plus commode et moins coûteuse. Les missions, depuis leur implantation en 1890, ont également développé leur action à travers les structures existantes.

NAISSANCE D'UNE OPINION

Cependant, depuis une dizaine d'années, grâce aux contacts qu'un certain nombre dé Hutu ont pu établir avec l'extérieur, les idées démocratiques se répandirent dans le pays, et avec elles une conception de plus en plus nette de la dignité et de la valeur de l'homme, un désir de plus en plus grand de justice et enfin une volonté de plus en plus affirmée d'opérer une transformation profonde des structures et du régime politique en vigueur. Les premières organisations sociales qui se créèrent au Burundi (syndicats, mutualités, coopératives) purent tout d'abord se" développer sans trop de difficultés, parce qu'elles avaient été prises en mains par des Tutsi. Mais dès que, sous l'impulsion des dirigeants hutu progressivement formés à l'intérieur de ces organisations, elles prirent une position nette vis-à-vis du régime féodal en vigueur, condamnant ses excès et réclamant l'abolition de ses privilèges, la réaction du pouvoir fut dure.


N.B. Le Mwami actuel règne sous le nom de Mwambutsa IV depuis 1915, c'est-à-dire depuis plus de 50 ans en monarque absolu ! . On assista alors à la naissance d'un certain nombre de partis politiques groupant essentiellement des Hutu et dont tous, bien que parfois divisés sur le problème de la monarchie, avaient pour dénominateur commun la suppression du régime féodal et de ses excès. Malheureusement, ces partis ne reçurent guère d'appui ni même la compréhension à l'extérieur et au Burundi même, ils se heurtèrent à l'opposition du Vice-Gouverneur Général de l'époque et à celle de la quasi-totalité de son administration, dont le seul souci semblait être : " Pas d'histoire !".

PREMIERES ELECTIONS

Aux premières élections de septembre 1961, ce sont les partis féodaux, l'UPRONA et le soi-disant Parti Démocratique Chrétien (en réalité ni chrétien, ni démocratique, mais strictement féodal et ayant pour chef le prince Biroli ) qui remportèrent la victoire, en partie par le faït de la dispersion et de la faiblesse des Hutu et en partie par le fait de la pression constante que le Vice-gouverneur Général et son administration exercèrent sur les partis progressistes et populaires pour les empêcher de constituer une force politique cohérente et de se présenter -comme telle devant les électeurs.

LA REPRESSION

Aussitôt au pouvoir, et avertis du danger que représentait l'action des militants progressistes et démocratiques, l'UPRONA et ses chefs, mettant à profit l'assassinat du prince Rwagasore, premier ministre, par les membres d'une famille princière rivale, entreprirent, encore sous l'autorité belge, une répression sanglante contre les principaux dirigeants hutu.

Dans la première quinzaine de janvier 1962, nombre d'entre eux furent maltraités très gravement; leurs biens furent saccagés ou brûlés, et quatre principaux leaders hutu : le président et le secrétaire du syndicat chrétien et deux des dirigeants nationaux de l'Union des Partis Populaires furent assassinés, un cinquième, M. Miburo, bourgmestre hutu de Muramba, fut enterré vivant ! Tous ces crimes furent commis avec la bénédiction et le soutien direct du premier ministre tutsi de l'époque.

A six mois de l'indépendance du Burundi, I'administration de tutelle belge se refusa à entreprendre sérieusement la recherche, le jugement et la condamnation des coupables. Aujourd'hui, encore, les assassins, connus de tous, continuent à vaquer à leurs occupations et occupent des fonctions importantes dans les divers gouvernements féodaux qui se sont succédés.

Finalement condamnés à mort ou à de lourdes peines par un tribunal régulier, sous le gouvernement éphémère d'un Premier ministre hutu, ils furent tous graciés, quelques mois plus tard, par un Premier ministre tutsi, revenu 'au pouvoir,- et réintégrés dans leurs fonctions. Depuis cette date, les leaders hutu politiques et syndicaux ne connurent plus, en dehors de quelques périodes d'accalmie que vexations, mauvais traitements, emprisonnements, tortures et assassinats et certains durent choisir entre l'exil et la mort. A la même époque, le premier évêque de race hutu, Mgr Gihimbare, fut assassiné à coup de fusil, la veille de son sacre.

Cependant, à l'intérieur, la résistance hutu contre les abus du pouvoir tutsi, se renforçait les partis politiques hutu se réorganisaient en vue des -prochaines élections législatives.

Impressionné par la puissance croissante des réactions populaires, le Mwami du Burundi nommait de nouveau un premier ministre hutu; Pierre Ngendandumwe. mais tout modérés et monarchiste qu'il soit, M. Ngendandumwe était hutu et le 15 Janvier 1965, quelques heures à peine après la constitution de son gouvernement, il tombait sous les balles des tueurs tutsi. Comme les premiers, les assassins de M. Ngendandumwe n'ont pas été inquiétés et circulent librement au vu et au su de tous dans le pays.

Ruanda: “qui l´Aids sfinisce le donne, nessuno coltiva più i campi. L´allarme di Suor Carmelinda, che gestisce un centro in Ruanda: La povertà favorisce il virus e la malattia causa la fame” (Corriere della Sera, 8..6.2002, p. 6)

 

2 Nuns Sentenced for Role in Rwandan Genocide, Among 4 Found Guilty in Brussels Court. BRUSSELS, Belgium, JUNE 8, 2001 (Zenit.org).- A jury sentenced four Rwandans, including two nuns, to prison terms of 12 to 20 years today after convicting them of homicide in the 1994 massacres in their homeland. Benedictine Sister Gertrude, also known as Consolata Mukangango, received a 15-year sentence for her role in the massacre of some 7,000 people seeking refuge at her convent in southern Rwanda. Sister Maria Kisito, also known as Julienne Mukabutera, received a 12-year sentence. Alphonse Higaniro, a businessman, received a 20-year sentence, and university professor Vincent Ntezimana was ordered jailed for 12 years. The principal accuser of the two nuns was Emmanuel Rekeraho, who in the spring of 1994 led militias that carried out massacres in Sovu, near Butare.

Commentary from (?):
There are church circles, who do not believe, that the judgment
of Brussel is just and correct. Certain people in Rwanda and Belgium had an
interest to compromise the church. According to belgian laws the belgian
justice entered a case, which did not happen in Belgium. Some sort of
"show-process" was put on. One
sister was accused, because she did not protect Tutsi-Refugees.
And what about the Belgian soldiers, who were in Rwanda, why did they not
stay and and protect the Tutsi? Who ordered the soldiers to leave the country
and leave the massacres to develop?
Why did the belgian soldiers not protect the Tutsi?  Should there not be
someone else in Belgium beeing judged? Questions over questions? Why were the
co-sisters of the convent not invited to give evidence in the court? Why does the court base his judgement on the witness of a doubtful character, who himself was a leader of  militias? The
result of this case looks like the defence did not get enough chances to
defend the sisters.

 

Seltsamer Putsch in Burundi.

Die Putsch-Nachricht ist seltsam. Wenn ein Putsch vom Militär kommt,
kann er nur von noch radikaleren Tutsi ausgehen. Wird er
"niedergeschlagen" wird Bujoya sich als "gemäßigterSieger" darstellen,
der Schlimmeres verhütet, und deshalb weiter gestützt werden muß.
(Graf von Waldburg-Zeil)
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Le coup d'etat en question n'était qu'un canular
orchestré par Buyoya
et ses officiers uniquement pour montrer à ses opposants
et à la communauté internation qu'il maitrise la situation, que c'est lui
l'homme de la situation, et que par conséquent la transition lui revient de droit.
SDC
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Ce qui vient de se passer ressemble etrangement a ce qui s'est passe avant le
genocide de 1972 avec Micombero. Il a fait croire a un coup d'etat pour
suprimer quelques tetes genants. En tout cas des gens comme Bayaganakandi
devraient s'inquiéter. Après les avoir supprimés, la population hutu suivra,
elle va être massacré sans gêne et sans pitié comme en 1972.
Attendons la suite.     
Vk.
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J'avais raison en te disant que c'etait une mise en scene!
Buyoya a toujours gouverne comme ca.
Je peux parier qu'il va bien sur tuer les hutus comme la routine lui impose
mais je pense que cette fois-ci ce sont plus les tutsi qui vont en tirer la
lecon
en commencant sans doute par Bayaganakandi et probablement Mukasi et
Rugambarara. Je m'en arrete la!
Deo
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Buyoya est un militaire; il sait donc a quoi il s'exposerait s'il
attendait tres longtemps. Il sait aussi combien en politique trop de
confiance conduit a l'abattoir: Pour cela aucun blinde n'est sorti d'un
camp malgre les annonces a la radio que le putsch etait consomme. Tous ces
elements montrent que c'est lui-meme l'organisateur de la comedie.
Deo
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Ce fameux "putsch" il faut le mettre entre guillemets car il n'en est pas un.
C'est juste une mascarade. Imaginez-vous une trentaine de soldats armés
jusqu'aux dents qui quittent le camp Gakumbu (près de l'aéroport), se rendent
à la maison de radio, l'occupent sans effusion de sang et diffusent leur
message !!! C'est peut-être vrai, mais les faits sont terriblement singuliers.
Attendons la suite.

 

 

Burundi: Des enfants violés en prison www.syfia.com

Burundi. Une religieuse italienne tuée - Le dimanche 15 octobre, une religieuse italienne a été tuée par des hommes armés à Gihiza, à environ 80 km de la capitale Bujumbura, a annoncé l'agence Misna. Gina Simionato, 55 ans, appartenait à la congrégation de Ste Dorothée. Arrivée au Burundi en 1975, elle avait été nommée ensuite au Congo-RDC avant de revenir au Burundi en 1998. Une autre soeur, burundaise, a été blessée dans la même attaque. Le 3 octobre dernier, un missionnaire laïc italien avait été tué au Burundi, et le 7 octobre une religieuse italienne en Zambie. (Le Soir, Belgique, 16 octobre 2000)

Misago free. A Roman Catholic bishop accused of helping orchestrate the 1994 slaughter of more than a half-million Rwandans was cleared of genocide charges and set free today. A Rwandan court ruled that the prosecution had failed to prove that the accused bishop, Augustin Misago, participated in meetings during which Rwanda's former extremist Hutu government formulated plans to kill minority Tutsis. Associated Press Friday, June 16, © Copyright 2000 The Associated Press

Pretre espagnol assassine . - Le pere Isidro Uzcudan, un pretre espagnol de 69 ans originaire du diocese de San Sebastian, a ete assassine le 10 juin dans sa paroisse de Mugina, du diocese de Kabgayi ou il travaillait depuis de longues annees. Trois hommes, dont un en tenue militaire, ont fait irruption dans son bureau et l'ont oblige a leur remettre tout l'argent qu'il conservait; mais insatisfait, un des voleurs l'a abattu a bout portant, selon un jeune temoin qui etait present. La police locale a immediatement lance une enquete. (D'apres Fides, 12 juin 2000)
Spanischer Priester in Ruanda ermordet. Herr, gib ihm die ewige Ruhe!

Esclavage des enfants chez Kagame. KIGALI, 1er mai (AFP) - Dans les plantations de thé de Cyangugu (sud-ouest), de jeunes enfants travaillent, les pieds dans la boue, dans des plantations de thé, pour un salaire qui ne dépasse parfois pas 0,5 dollar par jour. Dès les premières heures du jour, ces jeunes travailleurs courbés sur les plants, risquant la morsure des serpents, cueillent les feuilles vert tendre qui seront séchées et envoyées à l'étranger pour faire partie des meilleurs mélanges vendus en occident, a constaté un correspondant de l'AFP. (AFP 7.5.2000)

DECLARATION SUR L'ATTENTAT CONTRE L'AVION DANS LEQUEL LES PRESIDENTS ABYALIMANA DU RWANDA ET NTARYAMIRA DU BURUNDI TROUVERENT LA MORT LE 06 AVRIL 1994.
The International Strategic Studies Association, PO Box 20407, Alexandria, Virginia 22320, United States of America. Telephone (703) 548-1070. Facsimile (703) 684-7476. E-mail : StratConf@aol.com Website : www.StrategicStudies.org
DESTINATAIRES : a.. Tous les Rwandais, l'ONU, l'OUA, Tribunal Pénal International ;
b.. Pays : Tanzanie, Ouganda, Burundi, Belgique, France, Hollande , RFA, Royaume-Uni, Etats-Unis d'Amérique, Canada;
c.. Organisation de Défense des droits de l'homme ;
d.. Presse et média

TEMOIN : MUGABE JEAN-PIERRE
a.. Ancien Directeur du Journal LE TRIBUN DU PEUPLE ;
b.. Ancien officier de renseignement au Bureau G2 de la Gendarmerie Nationale (APR) ;
c.. Détective expert diplômé(Belgique);
d.. Actuellement Consultant et Chercheur Associé de l'ISSA (International Strategic Studies Association), à Washington D.C, USA.

LES PLANIFICATEURS DE L'ATTENTAT CONTRE L'AVION PRESIDENTIEL

GENERAL-MAJOR PAUL KAGAME. Général-Major Paul KAGAME, fils de Rutagambwa et de Siteriya, originaire de Gitisi na Nyamagana près de Ruhango (Gitarama). Il a fait ses études primaires en Ouganda, suivies de quatre ans d'études secondaires à Ntare-School à Mbarara ( Ouganda). Il a été Major au sein de la National Resistance Army (NRA) avec les fonctions d'adjoint au Chef du service de renseignement ougandais. Il a été vice-président du Front Patriotique Rwandais (FPR) et Commandant en chef de l'Armée Patriotique Rwandaise (APR). Il a été Vice-Président du Rwanda, également Ministre de la défense pour devenir récemment Président de la République.

COLONEL JAMES KABAREBE. Il a été Secrétaire principal du Général KAGAME, son aide de camp, Commandant de l'unité du Haut commandement à Mulindi, unité qui, dans la suite, est devenue la Garde Républicaine toujours sous son commandement. Il a été le chef d'Etat-major des Forces Armées Congolaises après la prise du pouvoir par le Président KABILA. Il a ensuite commandé les forces combattant le même Président KABILA. James KABAREBE est actuellement le chef d'Etat-major adjoint de l'Armée Patriotique Rwandaise.

LIEUTENANT-COLONEL CHARLES KAYONGA. Encore Lieutenant, il a été chef du Bureau des Opérations de l'Unité du Haut Commandement à Mulindi. De lieutenant, il est passé au grade de lieutenant-colonel et placé à la tête du Bataillon APR envoyé à Kigali( CND) après la signature des Accords d'Arusha. Il avait en plus sous son commandement plus de 3.200 militaires APR infiltrés en tenue civile dans la ville de Kigali.

LES BELLIGERANTS NEGOCIAIENT TOUT EN PREPARANT LA GUERRE.

PREPARATIFS DES FORCES ARMEES RWANDAISES (FAR)

Le gouvernement rwandais a poursuivi l'importation des armes et munitions. La preuve en est l'ampleur des commandes passées en mars 1994 pour un montant de Deux milliards et demi (2.500.000.000FRw) de francs rwandais payés au français Dominique Lemonnier qui devait expédier les marchandises. C'est Marc RUGENERA, alors Ministre des Finances, qui signa le contrat de vente dont le suivi devait être assuré par le lieutenant-colonel KAYUMBA Cyprien des FAR.

Au cours de ce même mois de mars 1994, des armes furent achetées en Egypte et acheminées à Kigali par un cargo britannique. Ces armes furent distribuées aux Interahamwe, milice du MRND. Ces miliciens ont continué à bénéficier de l'entraînement militaire et à recevoir armes et munitions en même temps que leurs effectifs croissaient jusqu'à atteindre le chiffre de 50.000. Toutes les préfectures reçurent des fonds destinés aux Interahamwe. Par ailleurs, les réservistes furent également rappelés sous les drapeaux et chargés d'entraîner militairement les miliciens.

Habyalimana retarda l'application des Accords d'Arusha pour permettre à son armée et à sa milice de terminer leurs préparatifs. La Radio Télévision des Mille Collines( RTLM) fut renforcée en moyens humains et financiers la mettant ainsi à même de propager la haine ethnique et l'appel à l'unité des hutu pour exterminer les tutsi.

PREPARATIFS DE L'ARMEE PATRIOTIQUE RWANDAISE (APR)

Pendant et après la signature des Accords d'Arusha par les belligérants, l'Armée Patriotique Rwandaise(APR) mettait la dernière main aux préparatifs de la bataille finale. Après la signature, Paul KAGAME a visité toutes les unités de l'Armée les exhortant à n'accorder aucune importance à ces accords. Il leur déclarait: " Tenez-vous prêts avec vos armes à portée de main ; n'ayez pas confiance dans les Accords d'Arusha ".Les militaires de tous rangs reçurent dès lors un entraînement intensif dans le Centre d'Entraînement de KARAMA en préfecture de Byumba. De même, les fameux cadres de base du FPR subirent un entraînement militaire dans un Centre politico-militaire situé lui aussi à KARAMA.

Les dirigeants du FPR qui devaient se rendre à Kigali bénéficièrent eux aussi d'un entraînement à l'autodéfense. Le FPR envoya à Kigali un Bataillon de 600 hommes sous le commandement du Lieutenant-colonel Charles KAYONGA; d'autres militaires en habit civil furent infiltrés dans la ville de Kigali. Toutes les fois que les camions de l'APR se rendaient à Mulindi pour charger le bois de chauffage et d'autres approvisionnements destinés aux militaires basés au CND à Kigali, des armes et munitions faisaient partie de la cargaison. Les armes lourdes étaient démontées pour être remontées une fois arrivées à Kigali. C'est le sous-lieutenant MOSES de l'Unité du Haut Commandement qui s'occupait du chargement de ces armes. Le capitaine Charles KARAMBA du DMI( Directorate of Military Intelligence), détaché au CND à Kigali, acheminait ces armes jusqu'au CND à Kigali. Ce capitaine est actuellement attaché militaire en Erythrée avec en particulier la mission d'acheter les armes dans ce pays pour l'Armée Patriotique Rwandaise.

La veille du génocide, il y avait plus de 4.000 militaires APR dans la ville de Kigali. Les militaires APR détachés à la MINUAR avaient la mission d'espionner les préparatifs des Forces Armées Rwandaises. Les dirigeants du FPR hébergés au CND faisaient tout pour convaincre les leaders de l'opposition interne que l'important était de régler le problème que constituait Habyalimana, car c'est Habyalimana qui était le vrai problème. Certains partis, tels que le MDR et le PSD, continuèrent à se montrer réticents. Certains de leurs leaders devaient le payer de leur vie. Ce fut le cas pour Félicien GATABAZI.

Il y eut une réunion des commerçants et industriels à l'usine à thé à Mulindi entre février et mars 1994. Dans son discours de clôture de cette rencontre, le Général KAGAME évoqua les Accords d'Arusha en soutenant que seul HABYALIMANA était la cause du retard dans l'application de ces Accords. Parlant au nom de ses collègues, un commerçant nommé KALINDA communément appelé Kalinda SWEET BREAD, déclara que l'application des Accords d'Arusha prenait du retard avec pour effet de freiner le FPR. Il ajouta que ce retard entraînait trop de dépenses et que les hommes d'affaires ne continueraient pas à faire des frais inutiles. Le général KAGAME requit alors les avis de l'assistance sur l'attitude à prendre. Kalinda répondit que le FPR devait reprendre la guerre et que les fonds nécessaires seraient disponibilisés par ces commerçants. Cette proposition fut acceptée à l'unanimité avec la bénédiction de Paul Kagame.

LA NON-EXECUTION DES ACCORDS D'ARUSHA A OUVERT LA VOIE A LA VICTOIRE DU FPR DANS UN BAIN DE SANG

Les Généraux HABYALIMANA et KAGAME savaient bien que le partage du pouvoir en vertu des Accords d'Arusha ne renforçait aucun de deux. Par ailleurs, même si les Accords Arusha avaient été appliqués, le FPR ne pouvait pas être élu face au poids des hutu du MRND, de la CDR et d'autres tendances POWER au sein de l'opposition qui allait rafler tous les suffrages. KAGAME savait bien que pour se débarrasser de HABYALIMANA et de ses extrémistes, il serait inévitable de faire de lourds dégâts. Kagame était sans ignorer que la Garde Présidentielle et les interahamwe avaient reçu des armes et un entraînement pour massacrer les tutsi s'il cherche à prendre le pouvoir par la force. Il savait bien que presque tous les tutsi étaient fichés avec leurs coordonnées et que des équipes d'interahamwe chargés de les massacrer avaient été postés dans leur quartiers. Radio Muhabura du FPR ne cessait de le répéter.

Des exemples existent qui attestent cette situation explosive. En voici quelques-uns :

a.. Gatabazi Félicien fut assassiné par le FPR pour avoir refusé de cautionner le complot contre Habyalimana. Le FPR craignait qu'il ne révélât ce secret à Habyalimana qui était son associé dans un trafic d'armes vers le Burundi où le Ministre Minani les faisait parvenir au PALIPEHUTU. Le dépôt de transit de ces armes se trouvait chez le nommé Mbarushimana Antoine de Mimosa près du Collège St-André à Nyamirambo. Ce Mbarushimana sera tué par le FPR à Nyanza en préfecture de Butare après le génocide de peur qu'il ne révélât celui qui a assassiné Félicien Gatabazi.

b.. Par la suite, des militants du PSD tuèrent Martin BUCYANA, président de la CDR ; en réaction à cette mort, des interahamwe et impuzamugambi de la CDR s'attaquèrent aux tutsi qu'ils massacrèrent. Ces incidents devaient servir d'avertissement à KAGAME que s'il venait à tuer HABYALIMANA, aucun tutsi ne survivrait à cette disparition.

c.. Un autre exemple est la mort par un coup de feu de l'interahamwe KATUMBA qui donna lieu à des dizaines de mort parmi les tutsi. Kagame ne devait pas négliger cet avertissement.

d.. Mais Kagame n'avait aucun souci quant aux conséquences désastreuses d'une reprise éventuelle de la guerre. Pour lui, l'essentiel était un pouvoir sans partage, seules des miettes devant revenir à des hutu timorés et aux courtisans tutsi qui n'attendraient leur bonheur que d'une soumission aveugle à Kagame et sa clique. Kagame n'aspirait qu'à être l'homme fort du Rwanda, le sang des tutsi et des hutu modérés n'avait à ses yeux aucune importance. Il spéculait plutôt sur la disponibilité des maisons et autres propriétés qui serait rendue possible par ce nettoyage. Il voulait exercer un pouvoir fort mais occulte derrière un homme de paille servant de paravent comme Pasteur Bizimungu. Ce dernier vient de se retirer pour laisser voir le vrai détenteur du pouvoir, à savoir Paul KAGAME.

ENTRAINEMENT DE MILITAIRES APR POUR ABATTRE L'AVION PRESIDENTIEL.

Dès la signature des Accords d'Arusha, et l'envoi du Bataillon du FPR au CND, le Général KAGAME envoya quatre militaires en Ouganda pour s'entraîner au maniement des missiles portables sol-air Sa-7 Strela (SAM) de fabrication russe. Ce type de missiles était déjà en service dans l'Armée ougandaise. Vu qu'il n'y avait aucune menace contre l'Armée Patriotique Rwandaise( RPA) qui, comme les FAR, disposait de contingents dans la Capitale Kigali et que les FAR n'avaient que quelques hélicoptères de combat, il est clair que le but de cette formation ne pouvait être que de descendre l'avion présidentiel dès que l'occasion se présenterait. Après ce stage, ces militaires revinrent à Mulindi où ils furent affectés à la Section " missiles " commandée par le lieutenant KAYUMBA Joseph, actuellement capitaine vivant au camp militaire de Kanombe. Moi qui donne ce témoignage je vivais à Mulindi et KAYUMBA Joseph et ses camarades étaient mes amis.

Vers la fin du mois de février 1994 et devant le refus manifeste de Habyalimana d'appliquer les Accords d'Arusha, le lieutenant-colonel KAYONGA, alors commandant des militaires du FPR à Kigali, envoya un ordre à Mulindi réclamant que lui soient envoyés les quatre militaires spécialistes des missiles. A la réception de cet ordre, le lieutenant KAYUMBA dépêcha immédiatement les quatre militaires conformément à l'instruction du Lt-Col KAYONGA. Après le départ des quatre militaires pour Kigali, le Colonel James KABAREBE mis le lieutenant KAYUMBA en prison pendant une semaine au motif d'avoir envoyé les quatre militaires à son insu.

C'est au mois de mars 1994 que le Haut Commandement sous la direction de KAGAME a invité les dirigeants du FPR se trouvant à Kigali à regagner Mulindi. Ils revinrent tous un à un.

Deux semaines avant l'attentat contre l'avion de HABAYARIMANA, KAGAME dépêcha le Colonel James KABAREBE avec la mission d'acheminer les missiles au CND où se trouvaient les militaires du FPR. A la même occasion, KAGAME envoya les instructions relatives au tir sur l'avion de Habyalimana. Il donna également ses ordres sur la conduite et le déroulement des combats dès la reprise de la guerre. (24.4.2000)

KIGALI: KAGAME ELECTED PRESIDENT. Yesterday the strongman of Kigali. Today the President of Rwanda. Paul Kagame was elected President in a vote by ministers and members of parliament. Former vice president, defence minister, army commander and leader of the Rwandan Patriotic Front (RPF), which overthrew the regime of Habyarimana in '94, Kagame is the first member of Rwanda’s Tutsi minority to be elected President of the African nation. His nomination, which did not come as a surprise, however represents a moment of uncertainty regarding the future developments of regional politics in the Great Lakes. A possible motive for his designation could be his fame as a ‘strong’ figure and therefore able to personally stand up to his Ugandan counterpart, Yoweri Museveni, particularly in referral to the military-political situation in former Zaire. It is however not to be excluded that, within his movement, Kagame in the long run becomes a reason of internal divisions between the moderate and radical wings of his party. Kagame succeeds Pasteur Bizimungu, who resigned last month. (BO, 17.4.2000)

"Explosive" leak on Rwanda genocide. Informants told UN investigators they were on squad that killed Rwanda´s president -and a foreign government helped.

Steven Edwards, National Post (Canada)
March 01, 2000:
Three Tutsi informants have revealed to the United Nations that they were part of an elite strike team that assassinated the Hutu president in 1994, shedding new light on an event that triggered the genocide of at least 500,000 people in Rwanda.

The informants told UN investigators in 1997 that the killing of president Juvenal Habyarimana was carried out "with the assistance of a foreign government" under the overall command of Paul Kagame, now the vicepresident of Rwanda.

The April 6, 1994, assassination proved to be a flashpoint in central Africa in 1994, igniting a bloodletting in which extremist Hutus targeted Tutsis and moderate Hutus. The report, obtained by the National Post, suggests a critical moment in the Rwandan genocide has been misunderstood.

Before interviewing the informants, UN investigators believed that Hutu extremists within the family circle of Mr. Habyarimana had killed him, the report said. At the time, Mr. Habyarimana was involved in talks that aimed at sharing power with the Rwandan Patriotic Front, a mainly Tutsi rebel army in which Mr. Kagame was a military leader.

The informants told the investigators that the front decided to kill Mr. Habyarimana because the group was not pleased with the slow pace of the talks.

"This information fitted in with claims by the Hutu extremists that the (Rwandan Patriotic Front) killed their president", the report said.

But when the information was presented to Louise Arbour, then the chief UN war crimes prosecutor, she terminated the investigation, the report said.

Ms. Arbour, now a Supreme Court of Canada justice, could not be reached für comment yesterday. The confidential report given to just three senior UN officials -- "This is an extremely sensitive document. The information it copntains is explosive," one later warned -- raises new questions about how vigorously the United Nationas is pursuing the leaders of massacre.

In the report, three informants tell the un investigators they were part of the operation to shoot down the plane carrying Mr. Habyarimana; Cyprien Ntaryamira, president of Rwanda´s neighbour; and other key officials. Two of the informants said they were prepared to work with Mrs. Arbour to bring the assassins before the International Criminal Tribunal for Rwanda, which the UN Security Council established to investigate "serious violations of international humanitarian law" in the country in 1994. They asked only that their safety be guaranteed. ...

... Ms. Arbour´s decision not to immediately proceed with an investigation into the 1994 plane attack is not the first time the United Nations has hesitated in Rwanda.

Robert Gersony, who headed a team dispatched to Rwanda by the Office of the UN High Commissioner for Refugees, reportedly estimated that from April to August, 1994, the Rwandan Patriotic Front systematically killed between 25,000 and 45,000 Hutus and others as it made its way toward Kigali.

However, the United Nations ordered Mr. Gersony not do document his findings in a report "because we didn´t want to embarrass the new government," explained a senior UN official, who asked not to be identified. Mr. Kagame is the former military leader of the mainly Tutsi rebel army that put an end to the genocide by taking power in Kigali, the Rwandan capital, three months after Mr. Habyarimana´s death. A Tutsi, he is considered to lead the country today as de facto president even though the head of state is officially Pasteur Bizimungu, a Hutu.

... To date, only Hutus have been indicted, but shortly before she resigned last fall as chief prosecutor, Ms. Arbour launched a secret investigation into atrocities alleged to have been commited by the Rwandan Patriotic Front during the massacre.

The president´s assassins struck as he returned from a summit in Dar es Salaam, Tanzania, where he was believed to have consented to a transitional government ahead of multi-partyelections.

They fired two surface-to-air-missiles at his Falcon plane as it landed at Kigali.

Besides the president of Burundi, the most senior VIP also on board was General Deogratias Nsabimana, chief of staff of the Rwandan Army. The killing began within hours of the attack. Hutu leaders said the Rwandan Patriotic Front was clearly responsible, but the perceived wisdom was that extremist Hutus killed the president to end the peace talks and launch the slaughter.

The informants told a different story.

"Now our investigations have found three sources in the current Tutsi regime who say they were part of an elite covert strike team known as "the network" and with the assistance of a foreign government shot down the president´s aircraft," said the report.

"The investigation was shut down before the identity of the foreign governmentcould be uncovered," said the source linked to the investigators.

During the French inquiry, evidence emerged that the missiles used in the attack had been confiscated in Iraq by the American military during the Persian Gulf war.

The United States is the only one of three major players in the peace process that has not held a comprehensive inquiry into the mass deaths. Belgium and France, both of which sent troops to Rwanda, completed inquiries in 1997 and 1998, respectively.

... the intelligence report says: "They advise that Major-General Paul Kagame was the overall operations commander." ...

The report adds that the informants "provided accurate descriptions of the operation together with names, ranks and roles of each soldier involved. "They also advised that they can produce hard copy documents of the operation."

... The report covers the investigators´ work from april 6, 1996, to May 1, 1997.

As is common in intelligence reports, a credibility rating is assigned to the details gathered from the informants. In this case, the rating was "two" (defined as probably true, but untested) on a scale ranging from "one" (true, corroborated) to "four" (cannot be verified). ...

The network comprised 10 members all holding the rank of sergeant or more senior, the informants said. ...

The plan consisted of establishing five deployment points - two in Kiigali and three in the surrounding area of the airport, the sources told the investigators. ...

The informants insisted, ... that the leaders of the Rwandan Patriotic Front were "part of the plot to eliminate the president," said the memorandum. In addition to alleging the involvement of Mr. Kagame, they also named Alex Kanyarengwe, the front´s chairman in 1994. In 1997 he served as Rwanda´s minister of internal affairs and deputy prime minister, although he is no longer in the government. The informants showed the investigators three sites where they claimed to have planted rocket launchers and explained that two had been used to fire surface-to-air-missiles (SAMs) at the president´s plane. Registration numbers ...identified the missiles as SA 16s ...

Attack commanders controlled operations from three sites, according to the informants. Overal control came from near the airport at Camp Kanobe. ...

... The president´s aircraft schedule and other aspects of "initial control" had been researched from a post in Arusha, the city where the UN war crimes court for Rwanda is currently located.

The memorandum states that one of the two men who fired the missiles later died, but does not say how. The informants were in contact with the investigators as the network was being "reactivated to conduct high level assassinations of major genocide offenders currently living in and around Rwanda," the memorandum said. "We have also been advised that there is a distinct possibility that the same cell was responsible for the recent murders of Medecines du Monde staff (three Spaniards) in Ruhenegeri in January, 1997, and UN human rights staff (fice persons) in (Karenga in the same year)," the memorandum said. ...

No one has been charged in those deaths.

Steven Edwards, National Post (Canada)
March 01, 2000

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