ETIKA F

DES SAINTS

www.etika.com
11.6.2000

12BS3

Bernadette Soubirous

 

Saints - texte en allemand avec fotos

Bernadette Soubirous
Canonisée par le Pape Pie XI, le 8.12.1933. Le dimanche 7 janvier 1844, au moulin de Boly, à Lourdes, une petite fille vient au monde, dans une famille très pauvre; on lŽappellera Bernadette. Elle sera lŽaînée de neuf enfants. Dès lŽâge de 6 ans, elle connaît des crises dŽasthme qui la feront souffrir toute sa vie. Monsieur Soubirous, son Père, travaille dur; mais la pauvreté conduit la famille à se refugier dans un réduit dŽune pièce, appelé "le cachot". Bernadette tient la "maison" et sŽoccupe de ses frères et sœurs. Tous sŽaiment tant et prient si bien qie la misère nŽempêche pas le bonheur familial.

11 février 1858. Il fait froid au "cachot": Bernadette va, avec quelques amies, chercher du bois mort à la grotte de Massabielle au bord du Gave. Soudain, elle aperçoit dans un trou du rocher une dame extraordinairement belle. Son corps, que lޜil juge palpable comme la chair de nous tous, ne diffère de celui dŽune personne ordinaire que par son inexprimable beauté. Elle est de taille moyenne et semble toute jeune. La courbe ovale du visage est dŽune grâce céleste et les yeux bleus dŽune suavité qui semble fondre le cœur du quiconque en est regardé. Les lèvres respirent une bonté et une mansuétude divines. Saisie dŽun effroi surnaturel mais remplie de joie, Bernadette nŽose approcher; avec la Dame elle récite son chapelet. LŽapparition cesse; Bernadette sort de son extase et, pressée par ses compagnes, elle laisse échapper ce quŽelle aurait voulu garder pour elle seule.

En apprenant la chose, Madame Soubirous craint une illusion et défend à sa fille de retourner à la roche de Massabielle. Mais le dimanche 14, elle se laisse fléchir par les amies de Bernadette. À peine arrivée à la grotte, la voyante annonce: "Elle est là"; puis, sŽapprochant, elle jette de lŽeau bénite en disant: "Si vous venez de la part de Dieu, restez, sinon allez-vous-en!" "La dame se mit à sourire, racontera Bernadette, et plus je lui en jetais, plus elle souriait".

Le 18 février, la Dame dit à Bernadette: "Voulez-vous me faire la grâce de venir ici pendant quinze jours?" Rayonnante de joie, la petite accepte et la Dame reprend aussitôt: "Je ne vous promets pas de vous rendre heureuse en ce monde, mais en lŽautre". Le 21, cŽest une véritable foule que Bernadette doit traverser pour arriver à la grotte. La Dame regarde au loin, le visage triste; puis elle sŽadresse à Bernadette: "Priez Dieu pour les pécheurs". Le 24, Bernadette en larmes, ne peut que répéter à la foule les consignes de la Dame, quŽelle résume dŽun mot: "Pénitence! Pénitence! Pénitence!"

Le 25, Bernadette sŽavance sur les genoux jusquŽau centre de la grotte où la Dame lŽa précédée. "Allez boire à la fontaine et vous y laver", lui dit Celle-ci. Bernadette gratte avec ses doigts le sable amoncelé. De la roche profonde, une source a trouvé son chemin jusquŽà la main de Bernadette. LŽenfant absorbe la première gorgée de cette eau, boueuse encore, et sŽen mouille le visage. La source deviendra bientôt une fontaine intarissable, instrument divin de nombreuses et stupéfiantes guérisons.

Le 25 mars, la rayonnante visiteuse de la grotte livre son secret: "Je suis lŽImmaculée Conception". Bernadette court répéter cette phrase quŽelle ne comprend pas à M. le Curé. Celui-ci, bouleversé, croit alors à la realité des apparitions. Il sŽécrie: "CŽest la Sainte Vierge!" En effet, quatre ans auparavant, le Pape Pie IX a proclamé infailliblement que la Vierge MARIE avait été conçue sans péché.

La dernière apparition de la Très Sainte Vierge a lieu le 16 juillet, fête de Notre-Dame du Mont-Carmel: "Jamais je ne lŽai vue aussi belle", dira Bernadette. Par la suite, des enquêtes approfondies conduiront lŽÉvêque de Tarbes à prononcer solennellement: "Nous jugeons que lŽImmaculée MARIE, Mère de Dieu, est réellement apparue à Bernadette Soubirous, le 11 février 1858 et les jours suivants, au nombre de dix-huit fois".

Au cours dŽune des apparitions, la Sainte Vierge révèle à Bernadette quŽelle se fera religieuse. Huit ans plus tard, après avoir longtemps hésité sur le choix dŽune communauté, la voyante de Lourdes, qui a maintenant 22 ans, entre chez le Sœurs de la Charité et de lŽInstruction chrétienne de Nevers: "Je suis venue ici pour me cacher", lui arrive-t-il de dire.

Couvent de Nevers: LŽasthme lŽoppresse et elle avoue suffrir de lŽestomac et de la tête. Novice fervente et régulière, Sœur Marie-Bernard disparâit humblement au milieu de ses compagnes. À la fin du noviciat, Monseigneur Forcade attribue aux jeunes religieuses les emplois quŽelles auront à exercer. Chacune reçoit la charge à laquelle on la destine, mais Bernadette est omise de la liste. "Et ma Sœur Marie-Bernard? Demande lŽévêque. - Monseigneur, répond la supérieure, elle nŽest bonne à rien. - Est-ce vrai, Sœur Marie-Bernard, que vous nŽêtes bonne à rien? - CŽest vrai, répond lŽhumble religieuse. - Mais, alors, ma pauvre enfant, quŽallons-nous faire de vous? - Si vous le voulez, Monseigneur, intervient la Supérieure, nous pourrons la garder par charité, à la Maison-Mère et lŽemployer de quelque manière, à lŽinfirmerie, ne serait-ce que pour le nettoyage et les tisanes. Come elle est toujours malade, ce sera précisement son affaire". LŽévêque acquiesce et élevant le débat: "Je vous donne lŽemploi de la prière", dit-il à la petite sœur. Face à cette humiliation publique, douloureusement ressentie, Bernadette se souvient des consignes de la sainte Vierge: "Souffrir pour le salut éternel des pauvres pécheurs", et sa joie profonde ne la quitte pas. Elle écrirá plus tard, dans son carnet de notes intimes: "O mon âme, soyez la fidèle imitatrice de JÉSUS, lui doux et humble de cœur. Une personne qui aura été seulement humble de cœur doit être glorifiée; quelle sera la couronne de ceux qui humbles au-dedans et humiliés audehors, auront suivi lŽhumilité du Sauveur dans toute son étendue?"

Sœur Marie-Bernard souffre dans son corps: la tuberculose a commencé son lent travail destructeur. Mais à côté de la souffrance physique, il y a lŽépreuve morale, non moins difficile à porter. La froideur que Mère Marie-Thérèse Vauzou se fait un pieux devoir de lui témoigner est pour Bernadette une profonde peine qui durera une dizaine dŽannées.

"Mon divin Époux, écrit Bernadette, mŽa donné de lŽattrait pour la vie humble et cachée, et souvent Il me disait que mon cœur nŽaurait dŽarrêt que quand il lui aurait tout sacrifié. Et pour me décider, souvent Il mŽinspire quŽaprès tout, à la mort, je nŽaurai dŽautre consolateur que JÉSUS, et JÉSUS crucifié. Lui seul, fidèle ami, entre mes doigts glacés, dans ma tombe jŽemporterai. O folie des folies, de mŽattacher à autre chose quŽà Lui".

La tuberculose gagne du terrain sur son pauvre corps épuisé: une tumeur se déclare au genou, qui enfle et devient très douloureux. Elle note sur son petit carnet: "JŽai complètement perdu lŽusage de mes jambes; il me faut subir lŽhumiliation dŽêtre portée." À partir dŽoctobre 1878, la tumeur produit une douleur sans apaisement. Bernadette ne trouve de force quŽen JÉSUS et, par amour pour Lui, elle en arrive même à "aimer" la souffrance: "Je suis plus heureuse avec mon Christ, sur mon lit, quŽune reine sur son trône". "Quand on est au lit, dit-elle, au moment dŽune plus grande souffrance, il faut rester immobile, comme Notre-Seigneur sur la croix".

28 mars 1879: elle reçoit les derniers sacrements. Son martyre se prolonge encore trois semaines. "Le Ciel, le Ciel! murmure-t-elle.

Dans la nuit du 14 au 15 avril, le démon essaye de la sésespérer. Elle invoque: "JÉSUS!" puis sŽecrie: "Va-t-en Satan!"

La matinée du 16 avril est très pénible. Sœur Marie-Bernard étouffe. "Je vais demander à la Mère Immaculée de vous donner des consolations, lui dit Mère Eléonore. - Non, pas de consolations, mais la force et la patience... Je LŽai vue, continue-t-elle, en regardant la statue de la Sainte Vierge, je LŽai vue!... Oh! quŽelle était belle et que jŽai hâte dŽaller La revoir!"

Un peu avant trois heures de lŽaprès-midi, elle est en proie aux souffrances intérieurs. La Sœur Assistante récite lentement le "Je vous salue MARIE". À cette parole: "Sainte MARIE..." Bernadette se joint à la Sœur qui la laisse poursuivre seule... Humble et confiante jusquŽà la fin, Sœur Marie-Bernard dit par deux fois: "Sainte MARIE, Mère de Dieu! Priez pour moi... pauvre pécheresse... pauvre pécheresse". Presque aussitôt après, elle expire, pressant encore le Crucifix contre son cœur. Elle a 35 ans. La Sainte Vierge lui avait promis quŽelle mourrait jeune. Le temps de la récompense était venu.

(Dom Antoine Marie o.s.b., Abbaye Saint-Joseph de Clairval, F-21150 Flavigny-sur-Ozerain, 2.9.1998)

Abbaye Saint-Joseph de Clairval
F-21150 Flavigny-sur-Ozerain
Tel 03 80 96 22 31 Fax: 03 80 96 25 29
Números des comptes

France: C.C.P. 56 18 78 A Dijon

Belgique: C.C.P. 000-13 39 871-10

Suisse: 19-5447-7 Sion

 

Index francais- - - - Retour ETIKA Start - - - - -