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ETIKA F |
CHARLES DE FOUCAULD |
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12CF21 |
Un résumé de ma vie |
Lettre au R. P. Guérin |
Béni-Abbès, 30 septembre 1902.
Vous me demandez un résumé de ma vie - au
spirituel, au temporel, de toute manière. Un mot peut la résumer : je me
conferme en tout - de mon mieux - (complètement est impossible, étant seul) -
au règlement qui est entre vos mains.
Lever à 4 heures (quand j´entends le réveil sonner; ce n´est pas
toujours), Angélus, Veni Creator, Prime et Tierce,
Messe, action de grâces.
A 6 heures, quelques dattes ou figues et
discipline.
Tout de suite après, une
heure d´adoration du Très Saint Sacrement.
Puis le travail manuel (ou l´équivalent : la
correspondance, des copies de diverses choses, extraits d´auteurs à conserver,
lecture faite à haute voix ou explication du catéchisme à l´un ou l´autre)
jusqu´à 11 heures.
A 11 heures Sexte et
None, un peu d´oraison, examen particulier jusqu`à 11 h. 30, à 11 h.
30 dîner
Midi: Angelus et Veni
Creator (ce dernier est chanté :
vous rirez quand vous m´entendrez chanter ! Sans le vouloir j ´ai certainement
inventé un air nouveau).
L´après-midi est tout entière au bon Dieu, au
Saint Sacrement sauf une heure consacrée aux causeries nécessaires, réponses
données ici et là, cuisine, sacristie, etc... Nécessités de ménage et des aumônes.
Cette heure se répartit sur toute la journée ; de midi à midi et demi : adoration, de 12 h. 30 à 1 h. 30 : chemin de Crois, quelques prières vocales, lectures d´un
chapitre de l´Ancien et d´un chapitre du Nouveau Testament, d´un chapitre de l´Imitation
et de quelques pages d´un auteur spirituel (Sainte Thérèse, Saint Jean de la
Croix, Saint Jean Chrysostome se succèdent perpétuellement), de 1 h.
30 à 2 heures: méditation écrite du Saint Évangile,
de 2 heures à 2 h. 30 : théologie morale ou
dogmatique, de 2 h. 30 à 3 h. 30 : c´est le moment où je fais la lecture à un jeune nègre de quinze à seize ans
que j´ai depuis quinze jours et qui dit vouloir se convertir. ... de 3 h. 30 à
5 h. 30: adoration : c´est le meilleur
moment de la journée après la Messe et la nuit : le travail est fini et je me
dis qu´il n´y a plus qu`à regarder JÉSUS
... C´est une heure pleine de douceur.
A 5 h. 30 : Vèpres.
A 6 heures : collation. Paul (mon enfant de 15
ans, et Abdjesu mangent avec moi le soir sur une natte, au milieu de la cour ; à
10 h. 30 ils dînent et je leur lis
pendant le repas (Évangile et catéchisme)
; à 3 heures : ils goûtent et je leur parle du bon
Dieu, leur lis un peu d´histoire sainte pendant le goûter. Aussitôt
après la Messe le matin, ils prennent leur premier repas.
A 7 heures : explication
du Sainte Évangile à quelques soldats, prière et bénédiction du Très Saint
Sacrement avec le Saint Ciboire, suivie de l´Angelus et du Veni Creator.
Puis les soldats partent, après une petite conversation en plein air, les
enfants s´endorment, je récite le Saint Rosaire
- et je dis Complies (si je n´ai pu le
dire avant la petite explication du Saint Évangile) et je m´endors à mon tours,
vers 8 h. 30.
A minuit je me lève (quand j´entends le réveil) et
je chante le Veni Creator, et récite Matines et
Laudes : c´est encore un moment bien doux ...
Seul avec l´Epoux dans le
profond silence, dans ce Sahara, sous ce vaste ciel, cette heure de tête à tête
est une douceur suprême : je me recouche à 1 heure. J´ai besoin de sommeil, vous
le voyez ; beaucoup plus qu´il y a quelques années : je marche à reculons. Je
me couche tôt pour me réveiller ; si je ne me couche pas de bonne heure
aucun réveil ne me réveille et tous les exercices de la journée se trouvent déplacés.
Je mange très suffisament : ma cousine de Bondy m´envoie
10 fr. par mois à condition que je les mange, moi. J´ai accepté l´aumône et la
condition ; mon menu est : à midi, tantôt du couscous, tantôt du pain, avec du
lait de conserve, le soir, du pain et du café noir.
Il y a dans la garnison des officiers, un
Capitaine, le médecin-major,d´autres encore qui sont très gracieux, très bons
pour moi, qui me comblent de prévenances ; chaque soir ils m´envoient du café
noir et un plat de légumes, chaque matin un pain, les jours de fête cent
friandises;
Je me suis touhours admirablement porté ; une
seule fois j´ai eu un peu de fièvre pendant quatre ou cinq jours ; immédiatement
tout a afflué à la fraternitè : le médecin-major avec ses conseils et ses remèdes,
tout le lait des chèvres des officiers et sous-officiers, confitures, café, thé,
que sais-je : j´ai été bien reconnaissant et touché ...
Comment AIHS: Et quand la télévision?