ETIKA F

DES SAINTS, JUSTES

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11.6.2000

12MGO3

Maria Goretti

MGO

Saints

La sainte a vu le jour le 16 octobre 1890, à Corinaldo, dans une famille pauvre de biens terrestres, mais riche de foi et de vertus: chaque jour, prières en commun et chapelet; le dimanche, Messe et sainte communion. Maria est la troisième des sept enfants de Luigi Goretti et Assunta Carlini. Après la naissance de son quatrième enfant, Luigi Goretti, trop pauvre pour subsister dans son pays dŽorigine, émigre avec sa famillie vers les vastes plaines de la campagne romaine. Il se fixe à Le Ferriere di Conca, au service du Comte Mazzoleni.

Là, Maria ne tarde pas à révéler une intelligence et un jugement précoces. Jamais on ne surprend chez elle un caprice, une désobéissance ou un mensonge. CŽest vraiment lŽange de la famille.

Elle reçoit lŽEucharistie le 29 mai 1902. La réception du Pain des Anges augmente en Maria lŽamour de la pureté, et lui fait prendre la résolution de conserver à tout prix cette angélique vertu.

Un jour après avoir entendu un échange de paroles déshonnêtes entre un garçon et une de ses compagnes, elle dit avec indignation à sa mère: "Maman, comme cette fille parle mal! - Fais bien attention à ne jamais prendre part à de telles conversations. - Je ne puis même pas y penser, maman; plutôt que de le faire, jŽaimerais mieux..." et le mot "mourir" reste sur ses lèvres. Un mois plus tard, la voix de son sang terminera la phrase...

En se mettant au service du Comte Mazzoleni, Luigi Goretti sŽest associé avec Jean Serenelli et son fils, Alessandro. Les deux familles ont des appartements séparés, mais une cuisine commune. Luigi nŽa pas tardé à regretter cette union avec Jean Serenelli, personnage si différent des siens, buveur et sans retenue dans ses paroles. Après sa mort, Assunta et ses enfants sont tombés sous le joug despotique des Serenelli. Maria, qui a compris la situation, sŽefforce de soutenir sa mère: "Courage, maman, nŽayez pas peur, nous grandissons. Il suffit que Notre-Seigneur nous donne la santé. La Providence nous aidera. Nous lutterons, nous lutterons!"

Maria se charge de tout, autant quŽelle le peut. Sa serviabilité sŽétend également aux Serenelli. De son côté, Jean, dont lŽepouse est décédée à lŽhôpital psychiatrique D, Ancône, ne sŽoccupe guère de son fils Alessandro, solide gaillard de dixneuf ans, grossier, vicieux, qui prend plaisir à tapisser sa chambre dŽimages obscènes et à lire de mauvais livres. Sur son lit de mort, Luigi Goretti a pressenti le danger que répresente pur ses enfants la compagnie des Serenelli, et il a répété sans cesse à son épouse: "Assunta, retourne à Corinaldo!" Malheureusement, Assunta est endettée et liée par un contrat de fermage.

Au contact des Goretti, quelques sentiments religieux se sont réveillés chez Alessandro. Il sŽassocie parfois au chapelet quŽils récitent en famille; les jours de fête, il assiste à la Messe, il se confesse même de temps en temps. Cela ne lŽempêche pas de faire des propositions déshonnêtes à lŽinnocente Maria qui, dŽabord, ne comprend pas.

Puis, devinant la perversité du garçon, la jeune fille se tient sur ses gardes et repousse la flatterie comme la menace. Elle supplie sa mère de ne plus la laisser seule à la maison, mais nŽose pas exposer clairement à sa mère les motifs de sa frayeur, car Alessandro lŽa prévenue: "Si tu révèles quelque chose à ta mère, je te tue". Son unique recours est la prière. La veille de sa mort, Maria demande encore avec larmes à sa mère de ne pas la laisser seule. NŽobtenant pas dŽautres explications, Madame Goretti croit à un caprice et ne donne pas dŽimportance à cette supllication réitérée.

Le 5 juillet, on bat les fèves sur lŽaire, à une quarantaine de mètres de la maison dŽhabitation. Alessandro conduit un char traîné par des boeufs et le fait tourner et retourner sur les fèves étendues sur le sol. Vers trois heures de lŽaprès-midi, alors que Maria est seule à la maison, Alessandro demande: "Assunta, voudriez-vous un instant conduire les boeufs à ma place?" Sans méfiance, la femme sŽexécute.

Maria, assise sur le seuil de la cuisine, raccommode une chemise quŽAlessandro lui a confiée apreès le repas, tout en gardant sa petite soeur, Teresina, qui dort auprès dŽelle.

"Maria! Crie Alessandro - Que veux-tu? - Je veux que tu me suives. - Pourquoi? - Suis-moi! - Dis-moi ce que tu veux, sinon je ne te suis pas". Devant cette résistance, le garçon la prend violemment par un bras et lŽentraîne à la cuisine dont il barre la porte. LŽenfant crie, mais le bruit ne porte pas à lŽextérieur. NŽarrivant pas à faire céder sa victime, Alessandro la bâillonne et brandit un poignard. Maria tremble mais ne succombe pas.

Furieux, le jeune homme essaye avec violence de lui arracher ses vêtements. Maria se dégage de son bâillon et crie: "Ne fais pas cela... CŽest un péché... Tu iras en enfer". Peu soucieux du jugement de Dieu, le malheureux lève son arme: "Si tu ne veux pas, je te tue". Devant sa résistance, il la transperce de coups. LŽenfant sŽécrie: "Mon Dieu! Maman!" et tombe sur le sol. La croyant morte, lŽassassin jette son couteau et ouvre la porte pour fuir lorsquŽil entend quŽelle gémit encore. Il revient sur ses pas, ramasse son arme et la transperce de nouveau de part en part, puis il grimpe dans sa chambre et sŽy barricade. ...

(Dom Antoine Marie o.s.b., Abbaye Saint-Joseph de Clairval, F-21150 Flavigny-sur-Ozerain, 15.8.1999)

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