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ETIKA F |
DES SAINTS, JUSTES |
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Takashi Nagaï |
TKN |
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né en 1908 à Isumo (Japon) près dŽHiroshima. 1933 Takashi est mobilisé dans lŽarmée japonaise et il part pour combattre les Chinous en Mandchourie. Takashi se met à étudier la Bible, la liturgie, la prière des catholiques. Mais les exigences morales de lŽÉvangile et la nécessité de se séparer des attaches religieuses shintoïstes de sa famille font encore obstacle à sa conversion. Un jour il reprend les "Pensées" de Pascal et tombe sur une phrase qui attire son attention: "Il y a assez de lumière pour ceux qui ne désirent que voir, et assez dŽobscurité pour ceux qui ont une disposition contraire". Soudain, tout se clarifie pour lui. Il prend sa décision et demande le baptême, quŽil reçoit en juin 1934. Il choisit le nom de Paul, en souvenir de saint Paul Miki, martyr japonais crucifié à Nagasaki en 1597. De 1937 à 1940 il participe comme médecin à la guerre sino-japonaise. 1945:
Leucémie, trois ans de vie.9 aout 1945, onze heures et deux minutes. Un éclair aveuglant. Une bombe atomique vient dŽexploser à Urakami, le quartier nord de Nagasaki. Dans la guerre qui les oppose au Japon, les dirigeants des États-Unies ont recours à une nouvelle arme terrifiante:
la bombe A. Une première bombe à été lâchée sur Hiroshima, une deuxième dévaste Nagasaki: température 9 000 o, 72 000 morts, 100 000 blessés. À lŽuniversité de médecine, située à 700 mètres du centre de lŽexplosion, Nagaï, qui classe des films radiographiques, est projeté sur le plancher, le côté criblé dŽéclats de verre. Le sang coule abondamment de sa tempe droite... les objets tourbillonnent comme les feuilles mortes en automne. Bientôt, un flot ininterrompu de blessés: des silhouettes sanglantes, les vêtements arrachés, les cheveux brûlés, accourent à la porte de lŽhôpital... Une vision dŽenfer.LŽincendie sŽapproche de lŽhôpital. On évacue les patients vers le sommet dŽune colline voisine. Nagaï sŽy dépense jusqu`à la limite de ses forces.À seize heures, lŽincendie sŽattaque au département de radiologie. Treize années de recherches, les instruments, la précieuse documentation,
tout part en fumée. Le 11, Takashi part à la recherche de Midori, restée à la maison alors que les enfants et leur grand-mère sont en sûreté dans la montagne. Il retrouve difficilement lŽemplacement de son habitation dans une zone de tuiles et de cendres. Soudain, il découvre les restes carbonisés de son épouse. À genoux, il prie et pleure, puis ramasse les os dans un récipient. Quelque chose brille faiblement dans la poudre des os de la main droite: son chapelet!Il incline la tête: "
Mon Dieu, je vous remercie de lui avoir permis de mourir en priant. MARIE, mère des douleurs, merci de lŽavoir accompagnée à lŽheure de la mort... JÉSUS, tu as portée la lourde croix jusquŽà y être crucifié. Maintenant, tu viens de répandre une lumière de paix sur le mystère de la souffrance et de la mort, celle de Midori et la mienne... Étrange destinée: jŽavais tant cru que ce serait Midori qui me conduirait au tombeau... Maintenant ses pauvres restes reposent dans me bras... Sa voix semble murmurer: pardonne, pardonne".Le pardon de Nagaï sera parfait. Il aimera à porter les chrétiens découragés par la perte de leur famille, à considérer la bombe A comme faisant partie de la providence de Dieu, qui tire toujours le bien du mal.
Le 15 août 1945, à midi, la radio transmet un message de lŽEmpereur annonçant la capitulation du Japon. Au début de septembre, Nagaï est mourant. Les radiations de la bombe A ont aggravé son mal. Il reçoit les derniers sacrements. Il tombe dans un demi-coma. On lui apporte de lŽeau de la grotte de Lourdes construite non loin de là par le Père Maximilien Kolbe. "JŽentendis, écrira-t-il, une voix qui me disait de demander au
Père Maximilien Kolbe de prier pour moi. Je le fis. Puis, je mŽadressai au Christ et lui dis: "Seigneur, je me remets entre tes mains divines". Le lendemain matin, Takasi est hors de danger et il attribue au Père Kolbe la rémission de six ans que lui laisse sa maladie.Il lui fait résigner sa charge de professeur, et, de ce fait, il se trouve sans ressources. Et il se met à écrire. Pour ses enfants encore bien jeunes, Makoto et Kayano, il rédige un recueil de conseils:
"Mes chers enfants, aimez votre prochain comme vous-mêmes." CŽest dans ces conditions difficiles quŽil écrit et publie quinze volumes en quatre ans: "Les cloches de Nagasaki" etc. +1.5.1951. Ses livres ont fourni une contribution remarquable à lŽéducation sociale de ses concitoyens et à lŽévangelisation de son pays.(Dom Antoine Marie o.s.b., Abbaye Saint-Joseph de Clairval, F-21150 Flavigny-sur-Ozerain)
Abbaye Saint-Joseph de Clairval
F-21150 Flavigny-sur-Ozerain
France: C.C.P. 56 18 78 A Dijon
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